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Canadian Pharmacists Association
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Proteger la premiere ligne

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Mise à jour : 27 mai 2020

Comment la COVID-19 se propage-t-elle?

Le virus SARS-CoV-2 responsable de la COVID-19 se propage principalement de personne à personne par des gouttelettes respiratoires produites lorsqu’on tousse ou éternue. Ces gouttelettes peuvent aboutir dans la bouche ou le nez de personnes qui se trouvent à proximité (à moins de 6 pieds) ou être inhalées dans les poumons. Il est possible également qu’une personne contracte la COVID-19 en touchant une surface ou un objet sur lequel se trouve le virus SARS-CoV-2, puis en portant sa main à sa bouche, à son nez ou même à ses yeux. D’après les données épidémiologiques actuelles, la transmission de personne à personne de la COVID-19 peut se produire lorsqu’une personne est en contact étroit avec un cas symptomatique. Toutefois, plusieurs personnes atteintes de la COVID-19 peuvent présenter des symptômes légers voire aucun symptôme aux stades précoces de la maladie, donnant lieu à une certain taux de transmission asymptomatique ou pré-symptomatique.

Comment procède-t-on au dépistage de la COVID-19? Que faire si quelqu’un semble être contaminé?

Mettez en place un dépistage passif afin d’encourager les patients à évaluer eux-mêmes leurs symptômes avant d’entrer dans la pharmacie et d’interagir avec son personnel. Les symptômes à surveiller sont les suivants :

  • Fièvre
  • Toux
  • Essoufflement ou difficulté à respirer
  • Apposez une affiche sur la porte d’entrée indiquant aux patients présentant des symptômes de la COVID-19 ou qui ont récemment voyagé à l’étranger ne doivent pas entrer dans la pharmacie, mais plutôt regagner leur voiture ou rentrer chez eux et appeler le pharmacien pour demander conseil.
  • Diffusez le même message sur la boîte vocale, le système audio et le site Web de votre pharmacie ou dans vos interventions sur les médias sociaux.
  • Pensez à partager des liens vers des outils d’auto-évaluation sur votre site Web, sur des affiches ou lors de conversations téléphoniques avec des patients.

Mettez en place un dépistage actif en utilisant la définition de cas la plus récente afin d’évaluer directement les symptômes d’un patient en personne, au téléphone ou par d’autres moyens virtuels.

  • Envisagez de désigner un membre du personnel de la pharmacie qui procédera au dépistage des patients, en utilisant l’EPI approprié, avant de les autoriser à entrer dans la pharmacie.
  • Le patient dont le résultat du dépistage en personne s’avère positif doit immédiatement retourner chez lui et communiquer avec le service de santé publique (s’il va assez bien). S’il semble trop malade pour rentrer chez lui, orientez-le vers votre espace de quarantaine désigné et demandez-lui d’appeler le service de santé publique.
  • Si le patient est en état de détresse, accompagnez-le jusqu’à votre espace de quarantaine (en portant l’EPI approprié) et appelez le 9-1-1. Dites à l’opérateur que le patient est probablement atteint de la COVID-19.
  • Signalez tous les cas suspects au service de santé publique régional.
  • Désinfectez immédiatement toutes les surfaces que ces patients auraient pu toucher, en portant l’EPI approprié.
  • Dites aux patients dont le résultat du dépistage par téléphone est positif d’appeler le service de santé publique régional pour obtenir de plus amples renseignements. Prévenez-les que les appels sont nombreux et que le temps d’attente est long. Rappelez-leur de ne pas se rendre à l’urgence ou dans un centre de dépistage sans que leur arrivée n’ait été annoncée au préalable.

Comment préparer les locaux de ma pharmacie?

  • Aménagez une salle de quarantaine pour les patients présentant des symptômes s’apparentant à ceux de la COVID-19. Cet espace ne doit pas se trouver dans une partie de la pharmacie où des médicaments sont accessibles, et doit être équipé de désinfectant pour les mains à base d’alcool, de mouchoirs et d’une poubelle doublée avec un sac, ainsi que d’un téléphone, si cela est possible.
  • Placez du désinfectant pour les mains à base d’alcool à tous les points de contact avec les patients dans la pharmacie.
  • Pensez à installer des barrières physiques transparentes (p. ex. plexiglas, acrylique ou film plastique) pour séparer l’officine du reste de la pharmacie. D’autres suggestions sont disponibles ici.
  • Installez des barrières physiques (p. ex., tables, chaises) devant le comptoir afin d’empêcher les patients de trop s’approcher.
  • Bouclez des zones (p. ex., rayons de produits en vente libre) en utilisant les étagères ou des cordes pour rediriger les patients.
  • Encouragez la distanciation physique dans la pharmacie au moyen d’affiches, d’autocollants ou de ruban adhésif au sol qui indiquent aux patients de s’approcher du laboratoire un par un et de toujours laisser 2 mètres entre les personnes.
  • Certaines pharmacies ont carrément fermé l’accès aux clients.

Comment nettoyer et désinfecter ma pharmacie?

  • Mettez en place des mesures d’hygiène accrues; envisagez de suivre les procédures des CDC.
  • Au moins deux fois par jour (et potentiellement à toutes les heures, selon le volume de patients), désinfectez toutes les surfaces qui sont touchées fréquemment (p. ex. le comptoir, les poignées de porte, les claviers NIP, les écrans tactiles, etc.).
  • Assurez-vous que l’équipement susceptible d’être touché par plus d’un membre du personnel (terminaux, téléphones, caisses enregistreuses, crayons, etc.) est nettoyé fréquemment et sur une base régulière.
  • Utilisez des désinfectants virocides à large spectre qui portent un numéro d'identification du médicament (DIN). En additionnant 990 ml d’eau à 10 ml d’eau de Javel, on obtient aussi une solution désinfectante efficace.
  • Pensez à tenir un journal de vérification du nettoyage afin de vous assurer que les zones névralgiques de la pharmacie sont nettoyées régulièrement.

Quels changements devrais-je apporter au niveau de l’organisation du travail et des services?    

  • Réfléchissez à chacune des activités de la pharmacie et envisagez de réorganiser le travail en ce qui concerne les articles qui passent généralement d’un membre du personnel à l’autre.
  • Déplacez les postes de travail différents endroits afin de disperser le personnel; pensez à empiéter sur d’autres parties de la pharmacie.
  • Attribuez des terminaux, des téléphones, des stylos et des zones de travail à des membres du personnel précis; conservez le matériel fréquemment utilisé dans une boîte étiquetée au nom de chaque membre du personnel.
  • Désignez une personne pour répondre au téléphone.
  • Envisagez d’accepter uniquement les paiements par carte de débit ou de crédit afin d’éviter de manipuler l’argent. Au besoin, demandez au client de mettre l’argent dans un panier/bol. Privilégiez le paiement sans contact.
  • Lorsque vous parlez avec un patient au comptoir ou dans le rayon des produits en vente libre, essayez de maintenir une distance de 2 mètres. Évitez de prendre les produits pour les leur remettre. Montrez-leur plutôt où ils se trouvent ou envisagez d’utiliser des pinces.
  • Songez à établir des heures de pharmacie réservées aux patients vulnérables ou à recevoir ces patients sur rendez-vous (p. ex., réserver la plage horaire de 8 h à 10 h aux personnes âgées).
  • Annulez ou repoussez toute activité non essentielle, comme les journées cliniques. Songez à suspendre les services cosmétiques et à retirer tous les cosmétiques et autres « démonstrateurs » du magasin.
  • Dans la mesure du possible, suspendez temporairement toute activité et tout service professionnel qui obligent les employés de la pharmacie à se tenir à moins de 2 mètres des patients, y compris les évaluations physiques, la prise de la tension artérielle, le dépistage hors laboratoire ainsi que la vaccination et autres injections.

Quelles autres mesures de protection puis-je mettre en place ?

  • Demandez aux membres du personnel de la pharmacie de toujours se tenir à une distance de 2 mètres de leurs collègues, des clients et des patients.
  • Si vous avez suffisamment d’employés, envisagez de diviser le personnel de la pharmacie en deux équipes (ou plus) qui se relaieront sans chevauchement d'horaire.
  • Le personnel de la pharmacie peut également envisager de porter une tenue de chirurgien ou des vêtements de rechange lorsqu’ils sont dans la pharmacie. Si cela est faisable, offrez un service de buanderie et lavez souvent les blouses.
  • Envisagez de limiter le nombre de personnes présentes à l’intérieur de la pharmacie en tout temps.
  • Mettez en place de bonnes pratiques d’hygiène des mains pour tout le personnel et augmentez-en la fréquence. Assurez-vous que les employés se lavent les mains (au moins) avant et après leur quart de travail, ainsi qu’avant et après tout contact avec un patient.

Quoi faire si un membre du personnel est exposé à la COVID-19 ou la contracte?

D’ordre général, tout le personnel de la pharmacie doit suivre les directives de santé publique concernant l'auto-isolement s'il a voyagé récemment, a été exposé à un cas suspecté ou confirmé de COVID-19 ou présente des symptômes de la COVID-19. Les travailleurs de la santé symptomatiques ne peuvent pas travailler. Toutefois, chaque situation est différente et pour l’instant, nous vous prions de suivre des directives du service de santé publique de votre région.

Les gestionnaires/propriétaires de pharmacies devront déterminer le nombre d’employés requis pour fournir les services essentiels et à quel moment la pharmacie doit fermer. Plusieurs pharmacies et organismes de soins de santé (dont l'Alberta Health Sciences, l'Ontario Pharmacists Association et le BC College of Pharmacists) ont élaboré des outils de décision utiles pour aider les pharmacies à déterminer si leur personnel peut continuer à travailler. Envisagez de soumettre les membres du personnel à un test de dépistage au début de chaque quart de travail avant qu’ils n’entrent dans la pharmacie. Le personnel peut également utiliser cet outil d'auto-évaluation pour dépister les symptômes.

Si une pharmacie doit fermer temporairement sur instruction des autorités sanitaires ou en raison d'un manque de personnel, suivez toutes les procédures fournies par votre ordre. D’autres considérations relatives au personnel et aux activités sont également présentées ici.

Le personnel de ma pharmacie a-t-il besoin d’EPI ?

Les meilleures données disponibles portent à croire que les travailleurs de la santé susceptibles de se trouver en contact étroit (c.-à-d. à moins de 2 mètres/6 pieds) avec une personne soupçonnée d’avoir la COVID-19 devraient utiliser l’EPI qui protège contre les gouttelettes; à savoir : un masque jetable, une blouse, des gants et une protection faciale. Les masques respirateurs N95 ne sont pas nécessaires pour les activités de pharmacie.

Il est rappelé aux pharmacies que des mesures de protection renforcées, comme les mesures éliminatoires (dépistage passif pour éliminer l’exposition), les mesures d’ingénierie (mesures de protection physiques ou de protection du milieu, comme l’installation d’écrans de plexiglas dans l’officine) et les mesures administratives (politiques et procédures visant à réduire le risque d’exposition du personnel, encourageant notamment une hygiène des mains appropriée), sont toutes plus efficaces que l’utilisation d’EPI pour protéger leur personnel.  La mise en place de telles mesures de protection aidera à limiter le nombre de scénarios dans lesquels le personnel de la pharmacie entre inévitablement en contact étroit avec un patient ou un autre membre du personnel potentiellement infecté (symptomatique ou asymptomatique).

Cependant, il y aura certaines situations où le personnel de la pharmacie devra être en contact étroit avec des personnes potentiellement infectées et pourra envisager de porter un EPI. Les pharmacies sont encouragées à suivre une approche d’évaluation des risques au point de service afin de décider quand et où un EPI est nécessaire pour leur personnel.

Si vous utilisez un EPI, assurez-vous de suivre la bonne technique pour l’enfilage et le retrait. Consultez les Pratiques exemplaires proposées aux pharmacies en matière d’EPI de l’APhC pour de plus amples renseignements à ce sujet.

Dans certaines provinces et certaines territoires, les pharmacies sont approvisionnées en EPI (masques, gants, blouses, protections faciales) par le gouvernement. Les pharmaciens doivent faire de leur mieux pour en obtenir auprès de leur distributeur, en fonction des besoins qu’ils prévoient. Certaines associations et organisations de pharmaciens (dont l'APhC) passent des commandes à titre privé auprès de fournisseurs afin d’approvisionner les pharmacies en EPI; consultez votre association ou vos organisations à cet effet.

Quoi répondre aux questions relatives au du port du masque?

Dites aux patients que le port du masque non médical (p. ex., une masque maison en tissu) dans la communauté ne protège par la personne qui le porte; il demeure plus efficace d’avoir une bonne hygiène des mains et de respecter les règles de distanciation sociale. En revanche, les patients peuvent choisir de porter un masque non médical, en plus d’adopter d’autres mesures de précaution, ou lorsque la distanciation physique est difficile à maintenir, afin de protéger les personnes alentour de leurs propres gouttelettes respiratoires. Assurez-vous que les patients comprennent bien que ces masques présentent des limites (p. ex. ils sont mal ajustés et, souvent, le tissu choisi ne protège pas entièrement contre les particules virales) et doivent être utilisés correctement :

  • se laver les mains avant et après leur utilisation;
  • ne pas être plusieurs à utiliser le même masque;
  • ne pas se toucher le visage lorsqu'on porte un masque;
  • changer le masque non médical dès qu’il est humide ou sale; les masques en tissus peuvent être lavé en machine à l’eau très chaude, puis ils doivent sécher complètement; les masques jetables doivent être jetés dans une poubelle doublée d’un sac;
  • ne pas laisser les masques jetés ou n’importe où (p. ex. sur les surfaces dans la maison, dans les chariots d’épicerie, etc.);
  • les masques ne remplacent pas le lavage des mains et la distanciation sociale.

Ma pharmacie devrait-elle continuer de fournir des services professionnels (comme des injections et l'immunisation)?

Beaucoup de patients continuent de prendre soin de leur santé en se tournant vers leur pharmacien pour des services professionnels tels que l’examen des médicaments et la prescription de médicaments pour des affections bénignes. Certaines pharmacies ont temporairement suspendu (dans la mesure du possible) toute activité ou tout service professionnel obligeant le personnel de la pharmacie à se tenir à moins de 2 mètres des patients, y compris les évaluations physiques, la prise de la tension artérielle, le dépistage au point de service hors laboratoire, ainsi que la vaccination et autres injections. D'ordre général, les pharmaciens devraient :

  • Envisager de créer des formulaires de dépistage de la COVID-19 aux fins des services professionnels afin de faire un dépistage actif auprès des patients qui viennent demander un service professionnel, puis verser le formulaire dans le dossier du patient
  • Utiliser l’évaluation des risques au point de service dans chaque situation afin de décider de la nécessité de l’EPI pour réduire les risques de transmission de la COVID-19
  • Utiliser leur jugement professionnel lorsqu’ils évaluent l’utilité du service

Si le service professionnel ne peut être dispensé, fournir au patient des solutions de rechange (p. ex., diriger le patient vers un autre fournisseur de soins de santé, remettre le service à une date ultérieure, etc.)


Les injections pouvant être administrées dans un intervalle de temps (p. ex., 1-3 mois, 3-6 mois, etc.) doivent être remises à plus tard dans cette fenêtre, alors que les injections suivant un calendrier régulier doivent être faites en priorité pour la continuité des soins. Dans les cas où les médicaments injectables ne peuvent plus être administrés (p. ex., B12, Depo-Provera, Prolia, antipsychotiques, etc.), les pharmaciens peuvent envisager de changer les formulations (c.-à-d., passer du produit injectable au comprimé oral), d'utiliser des médicaments alternatifs ou de modifier le calendrier de traitement, lorsque cela est possible. (Consultez les suggestions de medSask sur les injections administrées par le pharmacien pour en apprendre davantage sur les diverses options.)

Comme pour les injections, certains calendriers de vaccination peuvent être décalés sans problème. Les cas soupçonnés, probables ou confirmés de COVID-19, ainsi que ceux qui sont en contact étroit avec un cas, devraient remettre à plus tard les vaccinations car ils présentent un risque pour le public et les fournisseurs de soins de santé. Ces patients doivent attendre jusqu'à ce qu'ils se soient rétablis et/ou jusqu'à la fin de leur période d'isolement. Les populations sensibles (p. ex., les nourrissons, les patients immunosupprimés, les personnes âgées, etc.) sont plus à risque de contribuer à des flambées de maladies évitables par la vaccination. La vaccination de ces populations ne doit pas être retardée et doit être effectuée avec l'EPI approprié, ainsi que des mesures relatives au dépistage et à la distanciation physique en place. (Voir les directives provisoires fournies par le Comité consultatif national de l'immunisation pour plus d'informations).

L'APhC fournira plus de renseignements sur les meilleures pratiques suggérées pour la vaccination contre la grippe au cours des prochaines semaines.

Comment protéger l'approvisionnement en médicaments?

Les patients doivent être encouragés à maintenir un approvisionnement suffisant tout en les dissuadant d’obtenir des renouvellements précoces ou approvisionnement excessif en médicaments, car cela pourrait entraîner des pénuries. Rassurez-le sur le fait que son approvisionnement régulier ne devrait pas être touché, même en cas de quarantaine.

Envisagez de limiter l’approvisionnement à un maximum de 30 jours et expliquez pourquoi. Certaines situations cliniques pourraient justifier un approvisionnement de plus de 30 jours (p. ex. un patient peut avoir besoin d’un approvisionnement d’urgence en médicaments d’ordonnance pour assurer la continuité des soins). Faites toujours preuve de jugement professionnel pour servir au mieux l’intérêt du patient.

L’APhC et medSask ont élaboré un certain nombre d’outils afin d’aider les fournisseurs de soins de santé à gérer les soins au patient consécutivement à une pénurie des médicaments suivants :  

Si les patients ne peuvent pas venir à la pharmacie, comment est-ce que je continue à leur fournir des services?

Conseils aux patients : Encouragez tous les patients à téléphoner à la pharmacie au lieu de venir en personne s’ils ont des questions concernant un médicament ou s’ils ont besoin de conseils sur la gestion de symptômes. Faites le suivi auprès de vos patients par téléphone afin de les conseiller.

Médicaments demandant une surveillance (p. ex., tests de laboratoire, concentration sérique du médicament) : Pendant la pandémie de COVID-19, des interruptions et/ou des retards dans le suivi régulier des médicaments dont l’index thérapeutique est étroit peuvent survenir (p. ex., lithium, méthotrexate, warfarine, clozapine). Cela peut être particulièrement difficile pour les pharmaciens face à l'augmentation des demandes de renouvellement d'ordonnances pendant cette période. Des informations visant à aider le pharmacien à prendre des décisions éclairées quant à la durée acceptable des retards au niveau de la surveillance se trouvent dans la monographie de chaque produit et les documents d'orientation spécialisés.

Livraison de médicaments : Envisagez d’offrir un service de livraison des médicaments (voir page 13) aux patients qui s’isolent. Les médicaments doivent être livrés sans aucun contact direct avec la personne en auto-isolement. Bien que la livraison des ordonnances nécessite souvent une signature, les pharmaciens peuvent utiliser leur jugement professionnel pour déterminer si une exception peut être faite pour protéger le personnel de livraison et les patients. L’exception doit ensuite être consignée dans le carnet de livraison et le registre des ordonnances.

Dans la mesure du possible, parlez à l’avance des possibilités de livraison avec les patients. Vous pouvez demander à l’employé qui assure la livraison d’appeler le patient pour le prévenir de son passage, de laisser l’ordonnance dans une boîte aux lettres ou un contenant fermé, et de toujours rester à 2 mètres des patients en isolement.

Soins virtuels : De nombreuses pharmacies étudient les moyens d’offrir aux patients des consultations virtuelles (vidéo, téléphone ou email) à la place de contacts en personne. Il peut notamment s’agir d’examens de médicaments, de démonstrations d’inhalateur, d’information du patient sur la surveillance de la tension artérielle et de conseils sur des médicaments nouvellement prescrits. Le pharmacien et le patient devront être équipés de la technologie voulue pour les consultations virtuelles (connexion Internet, appareil muni d’une caméra et d’un microphone) et savoir l’utiliser. Certaines provinces facilitent la prestation de services virtuels remboursables (p. ex. programme MedsChecks en Ontario).

Ces options de soins virtuels seront de mieux en mieux comprises, mais elles présentent des risques nouveaux ou plus importants en ce qui concerne la vie privée et la protection des renseignements sur les patients. Ces derniers doivent être informés de ces risques et ils doivent donner leur consentement pour toute option de service virtuel. Après toute consultation virtuelle, les pharmaciens doivent en consigner le motif, prendre note du consentement du patient et préciser la plateforme utilisée. Les courriels non sécurisés, les SMS et autres plateformes numériques ne constituent pas des méthodes acceptables pour transmettre des ordonnances. Pour en savoir plus sur les pratiques exemplaires, songez à consulter le module sur les services virtuels de Pharmacy5in5 ou le document de référence sur les soins virtuels de l’Association des pharmaciens de l’Ontario.

Rappeler au personnel de la pharmacie qu’il doit en tous points respecter les normes de pratique, les codes de déontologie, les directives entourant la pratique ainsi que les exigences législatives en vigueur dans la province ou le territoire en ce qui a trait à la prestation de soins en pharmacie et à la protection des renseignements personnels sur la santé lors de la prestation de soins virtuels.

Puis-je continuer d’accepter les retours post-consommation?

Afin de réduire la probabilité de propagation de la COVID-19, on conseille aux pharmacies de refuser les retours post-consommation pour la durée de la pandémie de COVID-19. Cettes mesure s’applique aux substances désignées (dont la méthadone), les bouteilles et les vials vides, les médicaments périmés ou inutilisés, et les plaquettes aide-mémoire nécessitant des modifications.

Les pharmaciens devraient demander aux patients de conserver ces médicaments dans leur maison, dans un endroit sûr, hors de la portée des enfants et des animaux de compagnie, jusqu’à ce que les retours soient de nouveau acceptés.

Dans certains cas, les pharmacies pourraient toutefois décider (ou être contraintes) d’accepter les retours de substances contrôlées. Le Bureau des substances contrôlées recommande au  personnel des pharmacies de prendre toutes les précautions nécessaires afin de réduire au maximum les contacts avec les consommateurs et les objets qui pourraient être contaminés :

  • Penser à fournir un plateau ou un panier au consommateur pour qu’il puisse y déposer les produits retournés, comme les flacons ou gobelets de méthadone, après avoir surveillé l’ingestion de la dose.
  • Placer les timbres usagés dans un sac transparent afin que le pharmacien puisse réconcilier le nombre de timbres retournés sans avoir à les toucher directement.
  • Garder les retours dans un bac de retour post-consommation, plutôt qu’avec le stock du dispensaire.
  • Suivre toutes les autres directives habituelles concernant la manipulation et la destruction des retours post-consommation contenant des substances désignées. Suivre également les protocoles d’hygiène des mains.

Que doit-on savoir les traitements ou thérapies pour la COVID-19?

Prise en charge des symptômes : Voir les chapitres de l’APhC tirés de RxTx qui sont en accès libre ainsi que la dernière fiche de renseignements sur la prise en charge des symptômes de la COVID-19 [en anglais, français à suivre bientôt].

AINS : Le traitement recommandé pour atténuer la fièvre chez les patients atteints de la COVID-19 est l’acétaminophène. Les AINS tels que l'ibuprofène ne doivent être utilisés à cet égard qu’après avoir soigneusement examiné les facteurs de risque individuels du patient. Rien ne prouve que les AINS posent des problèmes chez les patients atteints de COVID-19. L’OMS est revenue sur son avertissement précédent et déclare maintenant que l’ibuprofène peut être utilisé.

Hydroxychloroquine : L’hydroxychloroquine suscite beaucoup d’intérêt, mais les données probantes n’appuient pas son usage dans les cas de COVID-19. Elle ne doit pas être dispensée pour un tel usage.

Traitement des patients atteints de SP : Les patients ayant reçu un diagnostic de COVID-19 ne doivent pas cesser de prendre leur MMÉSP sans d’abord avoir consulté leur rhumatologue.

Traitement des patients atteints d’une maladie rhumatismale : Les patients ayant reçu un diagnostic de COVID-19 ne doivent pas cesser de prendre leur ARMM sans d’abord avoir consulté leur rhumatologue.

Grossesse : Selon le peu de données probantes dont on dispose, les femmes enceintes ne semblent pas être plus à risque d'autres de contracter la COVID-19, et lorsqu’elles contractent la maladie, elles ne semblent pas plus à risque d’être gravement atteintes. De même, selon les recommandations les femmes enceintes doivent être considérées comme les personnes des groupes à risque; bien que les femmes enceintes ne devraient idéalement pas être exposées à des cas de COVID-19 suspectés ou confirmés, en période de pandémie l’exposition pourrait être inévitable, notamment pour celles qui travaillent dans les services essentiels. Les femmes enceintes qui présentent des comorbidités, notamment les maladies cardiaques, l’hypertension et les maladies pulmonaires, peuvent communiquer avec leur fournisseur de soins prénataux pour se renseigner sur leurs risques de morbidité liée à la COVID-19 et ainsi modifier leur risque d’exposition en conséquence. En l’absence de comorbidité, il n’y a pas lieu de modifier les critères des indemnités de travail ni des charges de travail en vigueur pour les membres du personnel enceintes en raison de la COVID-19.

Comment dois-je préparer mon équipe de pharmacie pour assurer la sécurité de tous ?

Passez en revue vos protocoles en matière de santé et sécurité. Assurez-vous que chaque membre de l’équipe comprend son rôle et ce que l’on attend de lui.

Le meilleur moyen de protéger les employés et les patients dans la pharmacie est de pratiquer une bonne hygiène des mains, d’éviter de se toucher le visage et la bouche, de suivre les directives quand ils doivent tousser, de respecter la distanciation sociale et de nettoyer régulièrement les surfaces.

Si un membre de l’équipe ne se sent pas bien ou a récemment voyagé à l’étranger, demandez-lui de rester à la maison et de s’isoler pendant 14 jours. Les employés ne doivent pas venir travailler s’ils manifestent des symptômes (fièvre, toux, difficulté à respirer) ou si leur infection à la COVID-19 est confirmée. Pensez à utiliser un outil d’évaluation pour déterminer si un employé doit s’isoler ou pas.

Envisagez de fournir un soutien et des conseils concernant la gestion des peurs et de l’anxiété liées à COVID-19. Encouragez votre personnel à ralentir et à prendre son temps. Dans des moments comme celui-ci, rappelez-vous de faire votre mieux pour assurer votre sécurité afin de protéger vos patients.

Prévoyez de vérifier régulièrement le bien-être de vos employés (voyez les conseils pour gérer les travailleurs de la santé). La pandémie atteignant son pic puis faiblissant, continuez de surveiller les problèmes de santé mentale de votre personnel et apportez-lui le soutien dont il a besoin.

Certaines organisations, comme la Société canadienne de psychologie, offrent des services de counseling gratuits aux professionnels de la santé en première ligne pour la durée de la pandémie de COVID-19.

Comment puis-je veiller à la santé mentale et au bien-être de mon équipe de pharmacie?

Envisagez de fournir un soutien et des conseils concernant la gestion des peurs et de l’anxiété liées à COVID-19. Encouragez votre personnel à ralentir et à prendre son temps. Dans des moments comme celui-ci, rappelez-vous de faire votre mieux pour assurer votre sécurité afin de protéger vos patients.

Prévoyez de vérifier régulièrement le bien-être de vos employés (voyez les conseils pour gérer les travailleurs de la santé). La pandémie atteignant son pic puis faiblissant, continuez de surveiller les problèmes de santé mentale de votre personnel et apportez-lui le soutien dont il a besoin.

Certaines organisations, comme la Société canadienne de psychologie, offrent des services de counseling gratuits aux professionnels de la santé en première ligne pour la durée de la pandémie de COVID-19.

Consultez la fiche de renseignements de l’APhC sur la santé mentale et le bien-être pour obtenir d’autres conseils. [en anglais, français à suivre bientôt]

L’étendue de mon champ d’exercice sera-t-elle modifiée ?

Le 19 mars 2020, Santé Canada a accordé des exemptions temporaires concernant la prescription de substances contrôlées (dont les narcotiques, les substances contrôlées et les substances ciblées) en vertu de l’article 56 de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Ces exemptions:

  • permettent aux pharmaciens de prolonger les prescriptions;
  • permettent aux pharmaciens de transférer des prescriptions à d’autres pharmaciens;

  • permettent aux prescripteurs d’émettre des ordonnances verbales (c.-à-d. par téléphone) pour prolonger ou renouveler une ordonnance;

  • permettent aux employés de la pharmacie de livrer des prescriptions de substances contrôlées au domicile des patients ou à tout autre endroit où ils pourraient se trouver (p. ex. auto-isolement).

Ces exemptions sont assujetties aux lois et règlements de la province ou du territoire où les pharmaciens exercent. Afin de bénéficier de l'exemption, les pharmaciens doivent être autorisés à exercer l'activité incluse dans l'exemption (c.-à-d. prolonger, adapter, renouveler, transférer) par leur gouvernement provincial/territorial et l'organisme de réglementation. La plupart des provinces ont pris des mesures pour mettre en œuvre les exemptions et les organismes de réglementation de ces provinces ont émis 'intention des pharmaciens des avis donnant des instructions précises pour chaque activité.

Les autorités de réglementation ont également commencé à assouplir les exigences et les normes relatives aux agonistes opioïdes et à la nécessité de voir les patients en personne pour prescrire, ou à fournir des services, afin de manière à permettre la distanciation physique et l'auto-isolement des patients. Consultez le site Web de votre autorité de réglementation locale ou contactez-le pour obtenir des renseignements précis sur le champ d'exercice, les normes et la réglementation en vigueur dans votre province ou territoire.

Quelques mots sur la planification de la continuité des activités

Les pharmacies sont invitées à élaborer de vastes plans de continuité des activités afin de s'assurer qu'elles peuvent maintenir leur pharmacie en activité et fournir des soins aux patients dans un certain nombre de scénarios liés à une pandémie. Un tel plan aidera non seulement le personnel à agir rapidement en cas d'urgence, mais permettra également à votre pharmacie de se remettre sur pieds rapidement en cas de fermeture imprévue ou de réduction des heures en raison de pénuries de personnel. Un plan de continuité des activités comprend un certain nombre d'éléments, notamment l’établissement des fonctions essentielles, établir les besoins en matière de ressources humaines, les communications avec le personnel et les patients, les politiques financières et autres politiques commerciales et la coordination avec la communauté.

Certains organismes de pharmacie provinciaux conseillent leurs pharmaciens dans la préparation d'outils de continuité des activités ou de préparation aux urgences propres à la COVID-19, notamment le Saskatchewan College of Pharmacy Professionals et l'Ontario Pharmacists Association. L'APhC prévoit fournir des ressources supplémentaires dans ce domaine sous peu.

Les meilleures pratiques suggérées contiennent des informations qui seront utiles lors de l’élaboration du plan de continuité des activités propre à votre pharmacie, mais ne remplacent pas la planification.

Remerciements

Les renseignements contenus dans ces lignes directrices sont adaptés à partir d’un certain nombre de sources, y compris celles énumérées ci-dessous. L’APhC remercie la communauté des pharmaciens de l’aide qu’elle apporte en communiquant des données.

  • COVID-19 Guidance for Pharmacists and Pharmacy Technicians (Alberta College of Pharmacists)
  • COVID-19 – Document d’orientation à l’intention des pharmacies communautaires (ministère de la Santé de l’Ontario)
  • COVID-19 Guide for Community Pharmacy (The Pharmacy Guild of Australia)
  • COVID-19 Operations for pharmacy (Wholehealth Pharmacy Partners)
  • COVID-1 Pandemic: A Pharmacists Guide to Pandemic Preparedness (Ontario Pharmacists Association)
    Documentation fournie directement par les chaînes de pharmacies et d’autres grossistes (p. ex. Pharmaprix, McKesson Canada)
  • Ressources multiples de l’ASPC et des services de santé publique provinciaux (p. ex. ministère de la Santé de l’Ontario, Alberta Health Care)
  • Outil d’évaluation : Pharmacy Staff Affected from COVID-19 (BC College of Pharmacists)
  • Cleaning and Disinfecting Procedures (Centers for Disease Control and Prevention)
  • COVID-19 Resources (Pharmacy5in5)

Ce document créé par l’Association des pharmaciens du Canada est destiné à appuyer les politiques, les pratiques et les directives cliniques des ministères de la Santé ainsi que des ordres professionnels et autres associations. Nous espérons qu’il répondra à certaines des questions clés que vous pourriez vous poser, tandis vous soutenez vos patients en première ligne pendant la pandémie de COVID-19. Il sera mis à jour au fil des nouvelles informations. Consultez-le souvent pour vous tenir informé.